Une virée inoubliable née d’un rêve d’enfance
Tout a commencé lors de l’élaboration de son projet personnalisé, une démarche qui permet aux résidents d’exprimer leurs envies, leurs passions ou leurs besoins. Jeannine a simplement exprimé qu’elle avait toujours rêvé de faire de la moto. Ce souhait, longtemps gardé en silence, a immédiatement touché l’équipe. Depuis l’enfance, cette envie ne l’a jamais quittée, sans avoir pu se concrétiser.
J’ai toujours rêvé de moto et si j’avais été un garçon, j’en aurais fait.
Après sa retraite, Jeannine a quitté la région parisienne pour s’installer au Mans, près de ses neveux et nièces. Depuis deux ans, elle réside à la maison de retraite Le Monthéard, où elle s’est rapidement imposée comme une figure chaleureuse et vive. Son humour, sa gentillesse et sa curiosité en font une personne très appréciée.
Touchée par ce souhait inattendu, Élise Génetay, coordinatrice de vie sociale et culturelle, a mobilisé les équipes soignantes pour transformer cette envie en réalité.
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Une sortie pas comme les autres
Le jour venu, la famille de Jeannine s’est réunie dans le garage de la résidence. Neveux, nièces et petits-neveux étaient là pour l’encourager.
Équipée d’un blouson noir, de gants et d’un casque, Jeannine prend place à bord d’un Spyder canadien, un tricycle motorisé sécurisant, conduit par Laurence Croza, responsable des soins. À ses côtés, Laëtitia, médecin coordonnateur, veille attentivement à son bien-être.
La balade a mené Jeannine jusqu’au centre commercial Carrefour Sud. Elle a savouré chaque instant de cette virée à moto, impressionnée par la sensation des virages, attentive aux paysages traversés.
Dans les virages, ça fait drôle […] J’ai vu de jolies petites maisons, avec des arbres bien verts.
Un rêve devenu réalité
De retour à la résidence, les visages rayonnent. Celui de Jeannine en premier, radieux et plein de fierté. Ce moment, qu’elle attendait depuis si longtemps, a dépassé toutes ses espérances.
C’était formidable. Encore mieux que ce dont j’avais rêvé… même si dans les virages, je serrais un peu les fesses.
Tout cela a été rendu possible grâce à une équipe investie et à l’écoute des projets de vie des résidents. Grâce aussi à une famille qui a cru en cette parenthèse inattendue. Et grâce, surtout, à Jeannine, qui a osé rêver encore, à 96 ans.
Ce jour-là, ce n’est pas seulement une résidente qui a pris la route. C’est toute une résidence qui s’est souvenue que les rêves, petits ou grands, méritent toujours d’être vécus.



